Chez isahit, nous sommes persuadés que c’est en donnant accès à un travail et à un revenu décent aux populations fragilisées que nous pourrons répondre aux grands défis mondiaux et réduire la pauvreté et les inégalités.

C’est pourquoi, nous proposons aux femmes issues de pays socio-économiquement défavorisés de travailler et de se former aux métiers du digital sur notre plateforme.

Ces femmes, que nous appelons HITers (HIT = human intelligence tasks) sont à la recherche de complément de revenu pour financer leurs études ou un projet entrepreneurial. Depuis la création d’isahit, nous avons accompagné plus de 1700 femmes. 

Aujourd’hui nous avons le plaisir de vous partager le témoignage de Raymonde, HITer chez isahit depuis plus de deux ans. 

 

Bonjour Raymonde, je suis très heureuse d’échanger avec toi aujourd’hui ! Merci de prendre le temps de nous partager ton expérience chez isahit. 

 

Avec plaisir !

 

Pour commencer, pourrais-tu te présenter ?

 

Je m’appelle Raymonde Kplaï, j’ai 27 ans et je suis technicienne audiovisuelle, spécialisée en communication digitale. J’ai rejoint isahit en février 2019 en tant que HITer.

 

Dans quelle ville habites-tu ? 

 

Je vis à Parakou au Bénin, en Afrique de l’Ouest. 

 

Pourquoi as-tu souhaité rejoindre isahit ?

 

Ici au Bénin, il est très difficile de trouver du travail après ses études; on nous propose uniquement des stages ou des missions de bénévolat. Je donnais des cours dans des centres de formation Photoshop et je réalisais des missions de bénévolat mais c’était très difficile de joindre les deux bouts financièrement. Je souhaitais avoir une activité freelance mais dans ce contexte, il était impossible d’espérer se lancer. 

Je cherchais donc des solutions pour subvenir à mes besoins quotidiens personnels et professionnels quand une amie m’a parlé d’une plateforme sur laquelle nous pouvions offrir nos compétences en échange de revenu, du nom d’isahit. Mon amie m’a encouragé à postuler ; je me suis inscrite, j’ai été prise et c’est ainsi qu’à commencé cette très belle expérience.

 

Est-ce que ce complément de revenu t’a permis d’y parvenir ? Qu’as-tu financé avec ?

 

Comme je le disais, je souhaitais lancer une activité de freelance dans mon domaine et il fallait pouvoir proposer des services de graphisme, de rédaction web (etc..), À l’époque j’avais un ordinateur en mauvais état et c’était vraiment compliqué de travailler avec. 

Donc à court terme, j’avais besoin de m’acheter du matériel informatique pour développer mon activité de freelance et ensuite d’installer mon entreprise de communication digitale. Ce que j’ai réussi à faire (Sourire).

 

Quelles ont été les missions que tu as réalisées pour isahit ? 

 

J’ai travaillé sur une vingtaine de projets différents et dans différents secteurs. Certains étaient en lien avec mon projet professionnel, comme les projets de traitement d’images par exemple. Ces projets m’ont permis d’améliorer encore davantage ma maitrise du logiciel que j’enseigne, Photoshop. Il y a également eu des projets de rédaction web qui m’ont permis de jauger mon niveau, ce qui m’a été utile pour vendre mes services de freelance auprès de nouveaux clients. 

Il y a également eu des projets où je n’avais aucune notion dans le domaine, par exemple des projets de facture où j’ai dû apprendre certains termes, TTC et HT… J’ai également travaillé sur des projets qui m’ont permis de découvrir la France et certaines villes. Il y a eu beaucoup de projets différents qui m’ont permis de toucher à tout, d’améliorer ma maîtrise de l’outil informatique, ma rapidité et ma persévérance. 

Par moments ce n’était pas facile, surtout au démarrage d’un projet où je pouvais être découragée mais je me suis accrochée et au final chaque projet m’a appris quelque chose ! 

Isahit ne m’a pas seulement apporté un complément de revenu mais aussi une meilleure prise en main des outils digitaux, des connaissances sur différents domaines et surtout, cette notion de persévérance. 

 

Est-ce que tu échangeais avec ton entourage sur ces nouvelles activités?

 

Alors, j’aimerais vous raconter une anecdote. Comme je le disais, il m’a fallu de la persévérance quand j’ai commencé chez isahit, je n’étais pas toujours très confiante et je n’en parlais pas encore beaucoup autour de moi ; j’attendais que ce soit “réel”.

Le jour où j’ai reçu mon premier salaire, j’étais tellement contente, tellement émue, c’était l’euphorie totale ! J’ai pris mon téléphone et j’ai écrit à toutes les amies qui étaient dans le même cas que moi, c’est-à-dire avec une licence mais sans travail, ni opportunités et je leur ai écrit, “le moment est venu ! Il y a une opportunité qui va nous sortir de là !”

Ça n’a pas toujours été évident de les convaincre, pour commencer chez isahit il faut une connexion internet et un ordinateur. Alors j’utilisais mon forfait, je les appelais, je leur disais de venir, je partageais ma connexion parce que je saisissais l’opportunité que ça représentait pour nous !

Nous sommes assez nombreuses avec des licences en poche qui ne peuvent rien faire, on se retrouve au foyer tout de suite, à s’ennuyer ou à vendre des choses au bord de la voie et cette situation me révolte, me choque ! C’est très important pour moi de voir les jeunes femmes s’émanciper et devenir indépendante financièrement, donc mon combat, c’était de partager mon expérience pour atteindre le plus de femmes possible. 

 

Quand je réussis à convaincre des femmes autour de moi et que je vois leur vie s’améliorer après le premier paiement, je me sens utile et ça me rend très, très heureuse. 

 

Je peux ressentir ton émotion en t’entendant ! 

 

Oh oui, j’étais tellement contente ! (Rires) 

 

Cette méthode de travail, à distance n’est pas commune au bénin ?

 

Non c’est nouveau ! Travailler en ligne comme ça jusqu’à obtenir un paiement, c’est vraiment nouveau ! 

 

Isahit aujourd’hui, c’est plus de 1200 HITers qui comme toi, travaillent à distance sur des projets digitaux. Est-ce que tu échanges avec le reste de la communauté ?

 

Oui beaucoup. Nous avons un groupe Whatsapp et Facebook avec les HITers de ma région. Il y a peu de HITers dans la ville où je suis, la majeure partie d’entre elles est dans la capitale à Porto-Novo, ici nous sommes une dizaine et j’ai eu la chance de toutes les rencontrer.

Nous avons créé des groupes d’entraide, nous échangeons sur les projets, nous nous donnons des conseils, nous nous motivons pour maintenir la flamme, et nous parlons de nos vies respectives aussi ! Je suis souvent la plus ancienne alors je tiens toujours à les encourager au maximum. Pour commencer chez isahit il faut un minimum d’investissement, en temps bien sûr et en argent, avec le forfait internet notamment. Alors je leur répète souvent “ ne lâchez pas maintenant car vous allez le regretter, vous avez beaucoup à perdre. Vous “investissez” aujourd’hui 2, 3 mois de forfait internet et ensuite vous gagnez en pouvoir d’achat, en compétences.. Je suis la preuve vivante qu’isahit apporte énormément” !  Il y a un réel accompagnement de la part des équipes d’isahit aussi, le coaching des CSM, les formations en ligne de la Digital Academy qui sont d’une grande aide pour la compréhension et la mise en œuvre des différents projets.

La Digital Academy est un programme d’accompagnement et de formation créée par isahit à destination des HITers pour favoriser leur épanouissement au sein d’isahit mais également en dehors, dans la réalisation de leurs projets personnels et professionnels. Aujourd’hui, il y a près de 40 formations disponibles en ligne.

Isahit reverse également 5 % de ses revenus dans son programme Isahit Help, qui vise à soutenir les plus défavorisées en prenant en charge certains frais comme la connexion internet, le statut dentrepreneur et peut aussi proposer à travers ses Ambassadors locaux un espace pour travailler dans de meilleures conditions.

 

Il parait que tu donnes également des cours de Photoshop au reste de la communauté ? 

 

Oui tout à fait !

À l’origine, je travaillais avec Sarika (CSM chez isahit) sur un projet en lien avec Photoshop et compte tenu de mon expérience, j’aidais certaines HITers sur la compréhension des tâches et je les encadrais, ça me plaisait beaucoup ! 

Alors quand Cléa (responsable de la communauté chez isahit)  m’a proposé de faire une formation, j’étais super contente ! C’était l’occasion pour moi de contribuer à la Digital Academy et de laisser mon empreinte ! De participer à un réel cercle vertueux !

Dans la formation j’explique les bases de l’outil, comment il fonctionne, je leur montre l’interface,  quels sont les processus de traitement d’une image, le processus de création d’un visuel par exemple… 

Cela permet aux filles d’acquérir de nouvelles compétences, et de travailler sur certains projets de la plateforme.

 

J’ai également entendu dire aussi que ton équipe avait gagné aux jeux interculturels organisés par isahit.. ?

 

(Rires) Oui ! C’était un jeu avec l’ensemble de la communauté, un quiz. Il y avait des questions sur les pays respectifs des membres de la communauté, sur le digital, sur le fonctionnement de la plateforme… C’était ludique et intéressant, j’ai appris beaucoup de choses et surtout… Mon groupe est sorti gagnant ! (Rires) 

 

Aujourd’hui où en es-tu avec ton projet ? 

 

Je me suis acheté le matériel nécessaire pour mon activité : un ordinateur ainsi qu’un appareil photo qui me sert de caméra pour des événements ponctuels. 

J’ai également pu financer les coûts administratifs liés à la création de mon entreprise, qui est aujourd’hui enregistrée. L’année 2020 a été très difficile à cause de la pandémie, je me suis retrouvée sans la possibilité de faire des reportages, je n’avais plus de clientèle, heureusement que je pouvais travailler en ligne avec isahit.

J’en ai également profité pour réfléchir à mon fonctionnement, à ma façon de faire et j’ai réalisé que je ne voulais pas travailler seule et que j’avais besoin d’être guidée, accompagnée, coachée. J’ai donc rejoint un incubateur de ma région, une SAEI précisément, qui accompagne les entreprises. Actuellement je fais partie de leur programme d’accompagnement et en retour je leur offre mes services de communication. 

J’ai également un bureau à disposition pour travailler !

 

Comment est-ce que tu te projettes après isahit ? 

 

Il me reste 4 ou 5 mois au sein d’isahit. Ensuite, je serais toujours dans mon incubateur et d’ici un an j’aimerais que mon entreprise soit rentable et avoir trouvé un associé. Dans ma région, la communication digitale n’est pas valorisée à sa juste valeur, ici les entreprises imaginent que c’est facultatif. Mon objectif est donc également d’éduquer les entrepreneurs et les entreprises sur la nécessité d’investir dans ce domaine. 

Je croise les doigts ! 

 

 

Est-ce que tu voudrais rajouter quelque chose ?

 

Juste merci ! Merci particulièrement à Madame Mashola pour cette initiative. Avec mon amie Aicha Ayato qui travaille aussi pour isahit, nous nous posons régulièrement la question “ Et si isahit n’existait pas, qu’est-ce qu’on serait ?” Et on répond toujours “ on n’imagine même pas !” Isahit c’est tellement de choses à la fois… Aicha est sage-femme et pourtant, nous travaillons toutes les deux avec isahit. Cela fait plaisir de voir qu’il est possible de diversifier ses compétences, ses sources de revenus. J’avais un rêve et isahit m’a permis de le réaliser.

Merci aussi à tous les CSM (Sarika, Séraphin) , qui en plus d’être des chefs de projets sont comme des frères, des grandes sœurs, des coachs pour moi et aussi à tout le reste de l’équipe isahit qui travaille et qu’on ne voit pas.

 

Portait de Raymonde, HITer

 

Vous pouvez retrouver d’autres témoignages, sous format vidéo ou podcast sur notre chaîne Youtube.