AI deep tech

Isabelle Mashola est CEO d’isahit, une entreprise startup spécialisée dans l’externalisation socialement responsable de tâches digitales. Confiées à des femmes issues de pays en développement à travers le monde, elle leur fournit un revenu de vie décent tout en participant au succès des projets IA de ses entreprises partenaires.

Depuis les années 2000, l’essor du numérique a consacré les plateformes et les nouveaux services qu’elles permettaient. Fondées sur des technologies existantes, rapidement scalables, et aisément compréhensibles pour les investisseurs et les utilisateurs, elles ont eu un impact sociétal puissant, bien que relativement limité du point de vue de l’innovation technologique. Dans cette phase de l’histoire du numérique, isahit a pris toute sa part.

Techy is the new Sexy

Mais les temps changent, les enjeux (climatiques, économique, civilisationnels…) se font de plus en plus pressants et stratégiques. C’est ainsi que, ces dernières années, la technologie pure et dure, rebaptisée deeptech pour l’occasion, connaît un regain d’attention. Pour faire simple, une deep tech c’est une petite graine de révolution industrielle, un changement de paradigme, une rupture. Fruit d’une R&D souvent longue est complexe, « la deeptech représente des investissements pas très sexy, plus lents, moins faciles à évaluer et qui requièrent plus de patience », prévient Xavier Lazarus[1] cofondateur d’Elaia, qui finance les pépites du secteur. Une description à vous faire faillir un trader mais qui constituera le ciment des innovations de demain. Parmi les applications possibles, on peut citer les innovations ayant cours dans la robotique, la mobilité, les biotechnologies, les nanotechnologies, ou encore l’intelligence artificielle.

À titre d’exemple :

  • Lillium Aviation, qui travaille sur l’une des premières voiture volante ;
  • Alice & Bob : une startup made in France qui veut créer le premier ordinateur quantique et qui a déjà levé 3 millions en 2020, année de sa création.

Potentiellement encore plus prometteuses sont les interactions fructueuses qui peuvent être opérées entre ces technologies : « La révolution sur le point d’arriver en matière de bioproduction constitue un bon exemple. Cela consiste à produire en utilisant le vivant comme usine. Les avancées dans ce domaine sont le fruit d’une convergence entre les biotechnologies, la robotique et le machine learning », note ainsi Arnaud de la Tour[2], président d’Hello Tomorrow.

Démocratisation, accélération, ambition

Jusqu’à présent, les deep tech ont été la chasse gardée du monde académique et des grands groupes, du fait des fondamentaux scientifiques et des investissements très lourds qu’elles nécessitaient. Mais les barrières à l’entrée ont largement baissé et les startups peuvent désormais, elles aussi, investir ce champ d’innovation. D’autant plus que :

  • plus vives et agiles, elles accélèrent le passage de la recherche, au développement jusqu’à la commercialisation.
  • plus petites, elles sont mieux à même d’innover radicalement.

Les investisseurs publics et privés ne s’y sont pas trompés et investissent massivement :

  • selon le Boston Consulting Group, les fonds levés par les startups au niveau mondial a été doublé en 3 ans pour atteindre 18 mds de dollars en 2018,
  • Le plan deep tech de la BPI prévoit une enveloppe d’1,3 milliard d’euros pour favoriser le développement d’un écosystème français fort.

Comme le souligne Olivier Ezratty : « Pour les pouvoirs publics, financer la deeptech c’est mettre en valeur les entreprises au patrimoine technologique fort tout en mettant en pratique le fruit de la recherche publique. L’objectif :  être précurseur, enfin, des innovations de demain. »

deep tech chez isahit

Isahit : deeper, faster, stronger

En tant qu’acteur de l’intelligence artificielle, isahit baigne dans cet univers deep tech depuis son origine. Portés par notre développement et à l’écoute des besoins de nos hiteuses, nous nous devons aujourd’hui think outside the box pour inventer de nouvelles solutions. Ces prochains mois, nous allons ainsi accélérer deux grands programmes de R&D qui pourraient à terme révolutionner la manière dont on recrute, affecte et fait évoluer les skills d’une task force ; avec éthique et bienveillance. L’objectif à terme : une plateforme, self-service, complètement automatisée.

  • Le premier projet consiste en la conception d’une solution d’intelligence artificielle avancée, qui devra assurer de manière autonome l’affectation, le suivi et l’évaluation des tâches.  Un défi technique, mais également éthique dans le sens où il vise à se débarrasser de tout biais qui se dissimulerait dans les codes et à organiser la montée en compétence de chacune de nos hiteuses, tant en conservant une qualité de service maximale. Aucune solution ne permet aujourd’hui de répondre à ces enjeux. Nous ambitionnons de la créer, participant ainsi à la construction d’une IA en phase avec nos valeurs. La portée d’une telle innovation dans la gestion des ressources humaines de n’importe quel projet peut s’avérer immense.
  • Le second se penche sur les « smart tools » qui doivent à la fois garantir une meilleure qualité de service à nos clients et permettre à nos hiteuses de travailler plus facilement et efficacement, tout en abaissant les barrières à l’entrée. Il s’agit de valoriser au maximum l’intervention humaine en fournissant une pré-annotation nécessitant le moins d’ajustement possible. Ce n’est qu’avec des outils ergonomiques, efficaces et innovants que nous pourrons garder un temps d’avance.

isahit, plateforme baignant dans la deep tech

La tech au service de l’humain

Mais ces projets deep tech ne sont pas qu’une suite de 1 et 0. Leur objectif est le même que celui qui guide chacune des actions d’isahit : l’impact humain. En décuplant notre capacité à former et à accompagner notre communauté de hiteuses, nous pourrons leur donner tous les leviers pour prendre leur destin en main tout en améliorant notre qualité de service et en contribuant au développement d’une IA en phase avec nos valeurs. 

Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons construire un avenir désirable, auquel chacun puisse prendre sa part. C’est, à notre sens, le seul moyen. C’est, à notre sens, le seul chemin.

Article lié : tech for people, manifeste pour une technologie à taille humaine


[1] https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/les-fonds-dinvestissement-francais-attires-par-la-deeptech-1258041

[2] https://www.experts-et-decideurs.fr/strategie-entreprise/digitalisation-innovation/secteur-deep-tech/

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