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Challenges : Isabelle Mashola, parmi les 100 femmes qui changent le monde en 2020

DOSSIER – Elles ne dirigent que 10% des pays du globe, mais la perception a changé : on les voit, on les entend et elles osent. Qu’il s’agisse de politique, d’économie, de culture ou d’entrepreneuriat, elles sont de plus en plus nombreuses à s’emparer du pouvoir. Cette semaine, Challenges leur consacre sa couverture.

Isabelle Mashola, CEO et co-fondatrice d’isahit fait partie des 100 femmes qui changent le monde en 2020 d’après le magazine Challenges.

Dans son numéro du 17 septembre, le magazine Challenges consacre son sujet de couverture aux femmes.

Sources : Challenges

L’année 2020 serait-elle celle des femmes ? Elles étaient presque invisibles, et les voilà soudain qui prennent la une, partout. En Biélorussie, c’est l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa qui lance la « révolution des femmes » et met le peuple dans la rue après la réélection d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans. En Europe, ce sont l’Allemande Ursula von der Leyen et la Française Christine Lagarde qui font face au Brexit et au Covid-19, l’une à la tête de la Commission de Bruxelles, l’autre aux manettes de la Banque centrale, à Francfort. Avec le soutien de la chancelière Angela Merkel, leur force tranquille a imposé aux 27 membres l’endettement solidaire, là aussi une révolution jusqu’alors impensable. Pendant ce temps, un scénario bien différent s’écrit aux Etats-Unis, où le choix de Kamala Harris comme colistière de Joe Biden fait polémique. A la manière d’un double manifeste, pour la diversité et pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Clivant.

Les femmes peuvent-elles changer un monde qui va de mal en pis ? Guerres, pollution, épidémie, crises… Personne n’a la réponse, bien sûr, mais en attendant, elles ne s’en sortent pas si mal et la presse leur envoie même quelques fleurs. Comme si en 2020, leur capacité à assumer les responsabilités les plus élevées pouvait encore être une révélation. De la Finlande à Taïwan et de l’Allemagne à la Nouvelle-Zélande, les gouvernements dirigés par des femmes sont ceux qui auraient le mieux géré la crise du Covid-19, et les chiffres le confirment. Pourquoi ? Peut-être le résultat d’une moindre proportion de « testostérone » dans la prise de décisions, comme le préconisait Christine Lagarde quand elle était à Bercy, sous la présidence de Nicolas Sarkozy ? Et pourquoi pas, après tout. C’est bien ce que suggèrent les études les plus sérieuses.

Les électeurs valident

Promoteur d’une plus grande diversité dans les équipes dirigeantes, le cabinet de conseil en stratégie McKinsey considère que les meilleures décisions sont celles qui ont été mûries par des équipes où s’expriment des points de vue différents. Hommes, femmes, et si possible issus de milieux diversifiés… Alors, autant essayer ! Paris, Tokyo, Chicago, Dakar, de grandes métropoles ont choisi d’être gouvernées par des femmes, même si certaines peuvent susciter la controverse. Les électeurs persistent et signent.

 

Si les femmes ne sont plus tout à fait transparentes, elles restent cependant fort peu nombreuses à exercer le pouvoir : elles ne dirigent qu’10% des quelque 200 pays du monde, et 18% des entreprises des pays développés. Elles sont encore loin d’avoir conquis l’égalité réelle, mais la marmite est bien en train de bouillir. Alors même qu’elles restent minoritaires dans les instances dirigeantes politiques, économique, académiques, sportives ou artistiques, quelque chose a changé dans la société. Mais quoi exactement ?

On les voit, on les entend, elles osent. Sans faire de vagues, la génération précédente était celle des « premières » : Anne Duthilleul, première femme admise à Polytechnique et sortie major, Valentina Terechkova, première femme dans l’espace ou encore Carly Fiorina, première femme patronne d’une société du Dow Jones, Hewlett Packard, pour ne citer que ces trois-là. Pionnières bien sûr, mais ni militantes ni revendicatives. Trois ans après le séisme Me-Too, la parole des femmes s’est libérée et tout a changé. Le harcèlement, mais aussi les discriminations et le plafond de verre, tout y passe et il n’y a plus de tabous.

Gouvernance plus vertueuse

Ce sont Adèle Haenel et Aïssa Maïga qui quittent la cérémonie des Césars au moment où résonne le nom de Roman Polanski. C’est l’ancienne mannequin Naomi Campbell qui appelle les entreprises de mode à « imposer l’inclusion » lors de la Fashion week de Paris. Ou encore la star américaine du football féminin Megan Rapinoe, militante LGBT, qui se bat pour l’égalité salariale avec les hommes et tient tête à Donald Trump. Ses détracteurs qu’elle provoque la jugent arrogante, mais elle n’en a cure et songerait maintenant à une carrière politique !

Même les bonnes vieilles institutions issues de Bretton Woods sont concernées par la montée en puissance des femmes. Directrice générale du Fonds monétaire international depuis un an, Kristalina Georgieva a résumé le processus qui est à l’œuvre en prenant pour exemple son propre cas, lors d’une conférence du Women’s Forum le 29 juillet. « Christine Lagarde a brisé le plafond de verre et je suis passée par le trou, a-t-elle lancé. Cela a été plus facile pour moi ! » Comme la Française qui l’a précédée à Washington, la Bulgare vante aujourd’hui « les bienfaits économiques » de l’égalité des sexes, recrute des femmes au FMI et tente de convertir les pays membres à une gouvernance plus vertueuse. Elle plaide en particulier pour une plus grande représentation des femmes au sein des organisations bancaires, considérant qu’en embauchant quelques « Sisters », on éviterait peut-être un Lehman Brothers bis…

Tout autour du globe, des femmes rêvent d’un monde meilleur et tentent d’apporter leur pierre. Leur porte-drapeau pourrait être Esther Duflo, directrice de recherche au MIT et première Française à avoir décroché, en 2019, le prix Nobel d’économie. Elle travaille sans relâche pour expérimenter en situation réelle différentes méthodes de lutte contre la pauvreté, en Inde, en Chine ou au Kenya. Ses idées ont essaimé un peu partout dans le monde. Et si, un jour, la pauvreté pouvait être éradiquée grâce à ses travaux ? Quelle révolution !